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LE FIGARO p.10 samedi 10 - dimanche 11 juin 2000 Armée :
Les membres du collectif "Sans nous",
qui refusent le service national,
ont manifesté hier à Paris.

Les sursitaires ne désarment pas Action surprise du collectif "Sans
nous", hier devant le ministère de la Défense. Une trentaine de manifestants
a été inerpellée; (Photo Richard Vialeron/Le Figaro)
La dernière action surprise du collectirf "Sans nous" a tourné court,
hier après-midi, après l'interpellation d'une trentaine de ses membres
devant le ministère de la Défense, à Paris. Depuis plusieurs mois maintenant,
ces jeunes sursitaires réclament la suppression immédiate du service national
obligatoire, refusant de faire partie des 122 000 appelés attendus sous
les drapeaux d'ici à la fin effective de la conscription.
Rassemblés sur le parvis de la gare Montparnasse, les membres du collectif
avaient initialement prévu d'intervenir devant l'un des bureaux du service
national, boulevard Diderot. Mais les portes du local, pariellement muré
le mois dernier par les mêmes manifestants, avaient été fermées hier,
avant l'heure, par mesure de prudence. Vers 15 heures, tentes, pneus,
pancartes et duvets sous le bras, les contestataires ont donc pris le
chemin du ministère de la Défense.
A peine sortis du métro, la trentaine de jeunes gens s'est trouvée nez
à nez avec les forces de l'ordre. Une course-poursuite de quelques mètres
qui s'est brutale- ment achevée devant le 23 de la rue Saint-Dominique.
Certains jeunes ont alors été brièvement menottés, et une partie de leur
matériel, confisquée. Bien qu'encerclés par une vingtaine de policiers,
les contestataires ne se sont pas privés de faire connaître leur mécontentement:
"Non, noun nou, au service militaire ! Exemption de tous les sursitaires
!" hurlaient-ils en coeur, coups de sifflet à l'appui. Sur un T-shirt,
le message était tout aussi clair: " Tant qu'il y aura des injustices,
il y aura des raisons de resister." Accroupi contre le mur, Sébastien,
spécialement venu de Nancy, ne cachait pas sa joie d'être là: «
J'ai 25 ans et ça fait vingt-cinq ans que je ne veux pas faire mon service,
avait-il expliqué peu avant. Je ne suis incorporalbe qu'en avril 2002,
mais je veux à tout prix les soutenir plutôt que d'attendre et de voir
venir.»
Peu après, le jeune homme a été contraint de suivre ses camarades dans
les fourgons dépêchés sur place. Dans un habitacle remuant, on pouvait
entendre les voix de sursitaires déçus d'avoir été interrompus dans leur
élan mais pas découragés.
Emmenés dans deux commissariats voisins, les jeunes gens ont finalement
été relâchés peu avant 18 heures. Parmi eux, Thomas, pour qui "tout a
été trop rapide". "Nos intentions n'étaient pas mauvaises, estime-t-il.
On a la terrible impression d'être transparents face à un ministère qui
reste sourd à nos revendications. Mais, motivés comme on est, on parle
déjà de ce qu'on va faire après". Etudiants préparant leur thèse ou leur
concours, jeunes professionnels du droit ou du spectacle, voire chercheurs
ou dessinateurs, les "Sans nous" ont rappelé qu'ils ne voulaient pas,
pendant dix mois, "aller faire du jogging à Rambouillet (ou) construire
un sauna pour les officiers".
Le 18 juin prochain, ils se réuniront place de la République pour une
manifestation nationale.
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